Vacarm / Aout 2007


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1967, Ken Kesey, auteur de Vol au dessus d’un nid de coucou, décidait de partir faire le tour des Etats-Unis avec une bande de potes dans un Van customisé et d’en profiter pour répandre la bonne parole que représentait alors le psychédélisme. Si ce road trip eu l’avantage d’influencer Tom Wolfe - qui était de la partie - avec la publication quelques années plus tard du cultissime Acid Test et lança la mode des camionnettes Volkswagen décorées, le bus dans lequel nous convie Amélie, quarante ans plus tard, s’avère avoir beaucoup plus de gueule et de chevaux que l’utopie naïve de nos aïeux.

Longtemps relégué à la désormais mythologie hippie, le folk avait plus ou moins déserté le paysage musical avant de connaître un retour fracassant Outre-Atlantique via des personnages aussi éblouissant qu’Elliot Smith, Chan Marshall ou encore plus récemment la clique des sœurs CocoRosie accompagnée de nombreux potes aux sensibilités aussi variés que créative. Ainsi, il faut croire que les rues désertes de Memphis chère à Dylan et les saules pleureurs d’Alabama ne sont qu’à un pas des côtes bordelaises, tant la musique sincère de la jeune chanteuse semble emprunter au patrimoine musical des meilleurs songwritters américains. Il serait facile de se perdre en comparaison facile, car si l’on pense souvent trop vite à certaines marraines acoustique dont l’ont pourrait sentir les bonnes œuvres, c’est peut-être à cause du nombre extrêmement limité de voix française ayant réussi à capter cette sensibilité folk. Une architecture musicale mêlant à la fois simplicité et lyrisme, réalisme désabusé et utopie onirique, toujours suspendu ou à un doigt de quelque chose que l’on ne parvient pas à saisir.

Tel pourrait être la structure du coffre au trésor que nous livre cette formidable marchande de glaces, usant de piano jouet pour mieux cacher des mélancolies à cheval entre désillusions enfantine et triste constat d’adulte (« Forgotten Christmas Gift »). Cris, chuchotements et violons aigres se font les portes-paroles de ce monde parfois trompeur, « Where is the ear revolution ? », véritable manifeste de cette nouvelle scène folk refusant la facilité des artifices et ne comptant que sur son imagination fédérateurs alors d’univers uniques et envoûtants. Mais cette mélancolie peut révéler une véritable tension où Amélie n’hésite pas à user d’électricité afin de chasser ses démons (« Monsters »). On remarquera également le magnifique « Everybody’s one », aux sonorités cuivrées que ne renierait pas un Sufjan Stevens qui, coïncidence hasardeuse ou réelle preuve d’amour, demeure également un amateur de bus voyageur. Si les fondations d’un caractère bien unique sont déjà posée, il ne resterait plus qu’à se débarrasser des bagages d’influences parfois encombrant. Néanmoins, un bémol qui s’efface rapidement devant l’enthousiasme que l’on éprouve à l’écoute de ce sincère et plus que prometteur premier album.

mercredi 15 août 2007

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