La Voix Du Nord
Amélie : « Dina Dinah » voit le jour et la scène, lundi
vendredi 22.05.2009, 04:47 - La Voix du Nord
| POP-FOLK |
Ne vous fiez pas à « Amélie ». Cette jeune Lilloise n'est pas ce qu'on appelle une chanteuse « à prénom », plutôt une petite perle pop-folk au destin étonnant et jalonné d'amitiés. Lundi, jour de la sortie de son « Dina Dinah », elle sera en concert à l'Aéronef de Lille, avec Cold War Kids.
2005, Amélie étudie à Bordeaux et fait « un peu de musique ». En août, elle donne un coup de main à un copain pour une soirée, il est prof de guitare, elle lui demande des cours. Et gratte, gratte... Sauf que sa coloc, excédée par ses reprises de dEUS, lui dit de faire plutôt ses propres compos. Pour la paix du bail, Amélie écrit donc son premier morceau. « Un copain m'a proposé d'enregistrer dans son studio, et puis j'ai créé un myspace. » D'autres copains écoutent, l'invitent à une soirée... et la voilà, en octobre 2005, devant un public... avec deux titres. Deux mois plus tard, elle en a cinq, qu'elle fait écouter à un copain (Amélie a beaucoup d'amis) en Belgique. Il lui parle de puredemo.be.
Elle s'inscrit... et apprend cinq jours plus tard qu'elle est sélectionnée.
2006, retour à Lille pour le boulot. En février, elle voit un copain (!) à un concert à Paris, qui l'invite backstage et distribue ses démos à « du beau monde » : rédacteur en chef des Inrocks, maisons de disques. « Je ne cherchais pas à signer avec un label »... chose faite en mars, alors qu'Amélie n'a toujours que cinq titres dans sa guitare. Et la voilà sur scène avec Sébastien Tellier ou Herman Dune.
2007. En janvier, Amélie entre en studio. En mars, elle fait la tournée Mick est tout seul. En juillet, son album sort. « On l'a enregistré en trois semaines en Bretagne, en complète autarcie, comme dans un laboratoire, avec des invités. » L'accueil ? Bon. Les Inrocks , le Mouv', les radios de la Férarock ont un coup de coeur pour ce « vrai album de découverte », qui lui vaut le prix Adami... en novembre 2008. « Je n'étais déjà plus dans cette histoire. Je ne pensais pas qu'il pouvait encore lui arriver des choses. C'était super encourageant pour le nouveau disque, pour conforter mes choix artistiques. »
Nouvelles influences
Mais pourquoi Amélie séduit-elle autant, et désormais bien au-delà du cercle des... copains ? « La vitesse à laquelle c'est allé, je ne me l'explique pas. Je pense que c'est une espèce de conjonction entre un son qui était en train d'émerger en France (Herman Dune, Cocoon, Moriarty) et de bonnes rencontres au bon moment. » Sans oublier une voix sensible, des mélodies et des arrangements inspirés, mais Amélie n'est pas du genre à se mettre en avant. Elle préfère citer les gens qui l'ont accompagnée : Thomas Mery pour le premier album Miguel Constantino pour le deuxième. « On l'a aussi enregistré un peu à l'écart, à Quimperlé, dans son salon, avec une équipe beaucoup plus réduite. » Le mastering s'est fait à Chicago, chez Jason Ward.
Dina Dinah sera dans les bacs lundi. Les différences avec le premier ? « Il est plus pop, plus rythmé, plus varié, plus coloré. Et puis cette fois il n'y a que ma voix. » Amélie s'éloigne, dit-elle, des influences folk pour approcher celles du rock indé. En concert, ce sera encore différent : « On n'est pas là pour ressortir les arrangements du disque. » • CATHERINE PAINSET PHOTO PIB
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